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La nécessité d’une bêta-lecture

Une bêta quoi ?

Tout d’abord, pour les novices, qu’est-ce donc que cette bête-là ? Il s’agit de faire appel à une personne autre que vous-même pour relire votre manuscrit. Cette personne est censée relever les incohérences, des tournures de phrases douteuses et éventuellement quelques fautes qui joncheraient vos pages. Selon les compétences de votre bêta-lecteur, il mettra davantage l’accent sur l’un ou l’autre (ou plusieurs) de ces items.
Le rôle du bêta, n’est à mon sens pas celui du correcteur. Le correcteur est normalement quelqu’un qui a une formation, un diplôme prouvant ses compétences en la matière. Car « corriger » un manuscrit est tout un boulot, il faut être précis, connaître les différentes règles de la langue sur le bout des doigts et c’est un métier rémunéré ! Ce qui ne veut pas dire que votre « bêta » ne vous aidera pas à repérer quelques fautes, encore une fois, cela dépend de ses compétences. Si vous connaissez un professeur de français qui veut bien vous relire, j’imagine que niveau orthographe/grammaire et typo, il sera calé ! Votre réseau est donc très important ici. Si vous n’en avez pas, créez-le.

Si c’est peut-être une évidence pour les auteurs expérimentés, d’autres ne voient pas forcément à quel point la relecture par un tiers est une étape cruciale. Si vous êtes dans ce cas, lisez bien cet article pour comprendre que vous ne pouvez pas y couper.
Certains pourraient se poser cette question : pourquoi ferais-je relire mon texte avant de l’éditer ou l’envoyer à une maison d’édition ? Après tout, je l’ai relu des centaines de fois, je l’ai bien préparé, corrigé et c’est une perte de temps.
Non ! Il est évident que quand on a passé des centaines d’heures sur un texte, on a envie parfois de s’en débarrasser ou de le soumettre au plus vite à la maison d’édition que l’on convoite, ou encore de le présenter directement aux lecteurs (en autoédition). Mais attention ! Ce serait une grossière erreur, même si vous êtes convaincu du bien-fondé de votre démarche. Pour la simple et bonne raison que votre cerveau n’est, à ce stade, plus en mesure d’être objectif.
Premièrement, votre histoire est dans votre tête, elle défile depuis des mois devant vos yeux, mais cela ne veut pas dire que vous ayez réussi à la coucher sur le papier de façon totalement cohérente, particulièrement si votre intrigue est complexe. Vous avez besoin d’un avis extérieur pour savoir si tout tient debout, si un personnage ne révèle pas un détail important trop tôt, si les dialogues sont corrects, etc.
Deuxièmement, vous ne voyez plus les fautes. Je suis désolée de vous le dire mais c’est comme ça. Vous aurez beau avoir la certitude que toutes vos phrases sont vierges de la moindre faute grammaticale, orthographique et typographique, cela ne change rien au fait que votre cerveau est un petit fainéant et un coquin. Il connaît votre histoire par cœur, chaque phrase, chaque mot, et il trahit vos yeux sans l’ombre d’un remords parce que c’est plus simple et plus satisfaisant pour vous.
Il y a donc forcément des éléments à revoir lorsqu’on a fini d’écrire son manuscrit. Pas d’échappatoire possible.

Ne vous y trompez pas, je comprends parfaitement que cela puisse être une étape effrayante ou difficile selon le lien que vous avez noué avec notre manuscrit. Surtout quand on débute. C’est pour cela qu’il est nécessaire de trouver des « bêtas » en qui vous avez confiance. Commencez par des membres de votre famille ou des amis, qui sauront vous dire honnêtement ce qu’il en est.
Et quand je dis « ce qu’il en est », je parle des forces et aussi des faiblesses de votre manuscrit. Soyez bien conscient qu’un texte, surtout à ce stade, possède forcément des failles. C’est normal, prenez votre courage à deux mains et retroussez vos manches pour réaliser votre rêve.
Selon ce qu’il y aura à modifier, vous aurez peut-être envie de tout jeter, de renoncer à aller plus loin pour l’instant, ou vous bloquerez sur un passage à réécrire pendant une semaine, mais gardez votre objectif en tête et tout ira bien. Par ailleurs, la correction n’est pas un calvaire pour tout le monde ni pour tous les romans. Il arrivera que vous galériez pour une histoire et que la suivante, tout se passe pour le mieux !
J’ajoute qu’il est très important que votre bêta-lecteur ne vous brosse pas uniquement dans le sens du poil, sinon comment saurez-vous si quelque chose cloche dans votre intrigue ou dans le comportement de vos personnages ?
Dans l’idéal, il vous faut deux ou trois relecteurs afin de croiser les points de vue. À mon avis, plus que cela vous embrouillerait dans les contradictions liées aux différentes individualités des « bêtas », mais à vous de voir, certains en ont beaucoup.
Car chaque lecteur voit votre histoire à sa façon, avec sa subjectivité, il s’agit donc de recevoir leurs remarques avec ouverture d’esprit mais aussi avec vos propres exigences. Si on vous dit par exemple que le personnage A doit expliquer plus longuement en quoi consiste la sorcellerie mais que vous en avez déjà dit trois pages, vous pouvez certainement vous passer de cet ajout (à condition de l’avoir bien fait dans vos trois pages).

Une dernière chose avant de vous quitter, n’hésitez pas à utiliser des correcteurs automatiques si vous n’avez pas les moyens de faire appel à des correcteurs professionnels (chers correcteurs, je sais pertinemment que c’est un prix mérité étant donné le travail que cela demande alors ne me crucifiez pas XD). Je ne parle pas ici de remplacer les bêta-lecteurs, comme je l’ai dit plus haut, ce sont deux fonctions différentes.
Attention toutefois à utiliser intelligemment ces correcteurs, car ce sont des programmes, ils ne comprennent pas toujours correctement le sens de vos phrases. Alors si vous doutez, complétez avec des sites spécialisés qui vous rappelleront les règles grammaticales, orthographiques et typographiques.

Comme moi, cherchez toujours à vous améliorer en faisant évoluer votre méthode, vos outils, étendez vos contacts pour vous enrichir et vous aider (vous et les autres). Car personnellement, je trouve que cela est plus respectueux pour le lecteur si mon manuscrit est travaillé et proche de la perfection, plutôt que de remettre un livre inachevé, incohérent, et/ou rempli de fautes.

Il faut plusieurs paires d’yeux et plusieurs cerveaux pour faire un livre, pensez-y !

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